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Les forces françaises vont aider la Norvège à surveiller ses installations gazières et pétrolières

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Selon un rapport remis au Conseil de sécurité des Nations par le Danemark et la Suède, les quatre fuites détectées sur les gazoducs NordStream 1 et 2 dans les environs de l’île danois de Bornhom, le 26 septembre, aurait été causée par des explosions dont la magnitude a été mesurée « respectivement à 2,3 et 2,1 sur l’échelle de Richter », soit « probablement l’équivalent d’une charge explosive de centaines de kilos ». Et le document d’ajouter : « Toutes les informations disponibles indiquent que ces explosions sont la conséquence d’un acte délibéré ». Reste à savoir qui a pu le commettre…

Exploités par le groupe russe Gazprom afin de livrer du gaz naturel à l’Allemagne via la mer Baltique, ces deux gazoducs n’étaient pas en service au moment des faits. Le premier est en effet à l’arrêt depuis le début du mois de septembre pour des raisons techniques tandis que, à cause des pressions américaines, le second n’a jamais été mis en service alors que sa construction est achevée.

Pour le moment, il est difficile de mener des investigations pour déterminer les causes et les circonstances des explosions évoquées par le Danemark et la Suède, les bouillonnements observés près des fuites empêchant toute approche. Quand les conditions le permettront, alors des drones sous-marins pourront inspecter les conduites, voire récupérer des résidus d’explosifs susceptibles de donner des indications sur l’auteur de ce sabotage.

À noter que les gazoducs reposent à environ 80/100 mètres de profondeur… Ce qui ne nécessite pas forcément d’utiliser des moyens qui relèvent de ce que l’on appelle le « Seabed Warfare » [ou la guerre des fonds marins en français. On peut imaginer qu’un drone sous-marin chargé d’explosif ait été employé pour ce sabotage… à moins son auteur ait eu recours à des mines déclenchés à distance [ou dotées d’un minuteur]. L’enquête le dira… peut-être.

Quoi qu’il en soit, le 30 septembre, lors du discours qu’il a prononcé à l’occasion de l’annexion de quatre régions ukrainiennes, le président russe, Vladimir Poutine, les « anglo-saxons » [comprendre : les États-Unis] d’être les responsables de ce sabotage. « En organisant des explosions sur les gazoducs internationaux qui longent le fond de la mer Baltique, ils ont en réalité commencé à détruire l’infrastructure énergétique européenne », a-t-il avancé, soulignant que Washington fait « pression » sur les pays europées pour qu’ils abadonnent leur approvisionnement en gaz russe « de s’emparer eux-mêmes du marché européen ».

« Désinformation calomnieuse! », a réagi Antony Blinken, le chef de la diplomatie américaine. « Je n’ai rien à ajouter à ces allégations absurdes du président russe, selon lesquelles nous ou nos partenaires alliés seraient responsables en quoi que ce soit de cela », a-t-il dit. Quant au président Biden, il a annoncé l’envoi de « moyens sous-marins » afin de « déterminer ce qui s’est exactement passé » sur les deux gazoducs.
Cela étant, et même avant le sabotage des conduites NordStream 1 et 2, la Norvège est désormais le principal fournisseur de gaz naturel en Europe. Ce qui a d’ailleurs été illustré par l’inauguration du gazoduc Baltic Pipes, qui la relie à la Pologne via la mer Baltique, au moment où les fuites ont été détectées sur NordStream 1 et 2.

Or, le 27 septembre, l’autorité norvégienne de sécurité pétrolière [PSA] a appelé le secteur de l’énergie à être « plus vigilant » après que des drones inconnus ont été repérées dans les environs de certaines plateformes offshore. « Nous demandons instamment une vigilance accrue, un examen des mesures de préparation aux situations d’urgence et de réponse aux incidents, ainsi que le partage des informations », a-t-elle indiqué.

Seulement, la Norvège compte plus de 90 sites gaziers et pétroliers répartis entre la mer de Barents, la mer de Norvège et la mer du Nord. Et ils sont reliés à un réseau de conduites de 9000 km. Autant dire que leur protection n’est pas aisée à assurer… En tout cas, cela dépasse les moyens des forces armées norvégiennes, d’autant plus que celles-ci ont récemment décidé de se séparer de leurs 14 hélicoptères NH-90 NFH, jusqu’alors utilisés pour des missions de surveillance maritime et de lutte anti-sous-marine.

D’où le recours d’Oslo à l’Otan. Le 30 septembre, le Premier ministre norvégien, Jonas Gahr Støre, a dit avoir parlé avec Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’organisation, sur la « façon dont nous nous unissons afin de protéger l’approvisionnement énergétique de l’Europe » tout en « continuant à soutenir l’Ukraine contre les agressions illégales ». Et d’ajouter : « L’unité et la résilience prévaudront ».

Deux jours plus tôt, M. Støre avait eu un entretien avec le président Macron. « Les relations franco-norvégiennes sont très fortes et nous soutenons l’ensemble l’Ukraine. La situation énergétiue très compliquée nécessite une coopération approfondie pour trouver les bonnes solutions », avait-il résumé, via Twitter.

A-t-il obtenu la promesse d’un soutien militaire français à l’occasion de cet échange? Toujours est-il que le chef du gouvernement norvégien a indiqué qu’Oslo était « en discussion » avec ses alliés pour « augmenter la présence [militaire] dans les eaux norvégiennes »… Et que, à ce titre, des « contributions allemande, française et britannique » ont été acceptées.

« Je comprends que les gens soient inquiets des conséquences que la situation en mer Baltique peut avoir et que quelque chose de similaire puisse se produire sur les installations pétrogazières », a dit M. Støre. Cependant, a-t-il relativisé, « nous n’avons aucune indication qu’il y ait des menaces directes contre le secteur pétrogazier norvégien ». Mais vaut mieux prévenir que guérir, dit-on…

L’aide britannique annoncée n’est pas surprenante étant donné que le Royaume-Uni et la Norvège ont renforce leur coopération militaire, en particulier dans le domaine de la patrouille maritime, les deux pays ayant en commun l’avion P-8A Poseidon. Même chose pour l’Allemagne, qui doit livrer quatre sous-marins de type 212CD à la marine norvégienne. Cela étant, la France participe régulièrement à des manoeuvres militaires organisées en Norvège. Comme cela a été récemment le cas, avec Cold Response 22. À cette occasion, un avion de patrouille maritime Atlantique 2 avait été déployé sur a base aérienne d’Ørland. Probablement que la contribution française à la surveillance des infrastructures énergétiques norvégiennes reposera sur un appareil de ce type…

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